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Le Ministère
se ressaisit du débat sur l'aptitude mais ne nous y trompons pas
: il s'en saisit sous un angle de vision tout à fait particulier,
celle de l'employabilité à vie.
Ce point de vue peut être pertinent; il faut cependant être
conscient qu'il est sous-tendu par les cogitations des surdoués
du ministère du travail qui s'inquiètent du manque de main
d'uvre prochaine du fait de la pyramide des âges.
Avec les problèmes actuels d'emploi et 10% de chômeurs, nous
pensons qu'il existe encore quelques marges de manuvre....
Le Ministre prétend par ailleurs être mal informé
des enjeux de ce débat; en fait il est très mal informé
par ses services car ceux-ci ont organisé il y a 5 ans dans le
cadre de la commission de médecine du travail du conseil supérieur
de la prévention des risques professionnels un large échange
de vue sur les problèmes de l'aptitude.
Notre conclusion avait été sans appel : la majorité
des partenaires sociaux 'était prononcée clairement pour
le maintien de l'aptitude(CFDT-CFTC-FO-MEDEF et CGPME avec le SNPMT).
Seule s'était opposée la CGT.
Cependant les partenaires sociaux avaient demandé un certain nombre
d'aménagements:
- La création de passerelles vers le handicap
- La création de passerelles vers l'invalidité
- Le maintien du salaire pendant la procédure
- La discussion sur les opportunités sociales à créer
pour les travailleurs vieillissants
- Les voie de recours à préciser
- L'inscription sur la fiche d'aptitude des surveillances spéciales
dans un premier temps
Les conclusions
ne satisfaisaient pas à l'époque le lobby anti-aptitude
à priori SNPMT, syndicat de médecins inspecteurs et certains
technocrates du ministère.
Ces conclusions ont donc été enterrées mais il conviendra
de les rappeler formellement au Ministre.
Revenons cependant sur ce débat un peu curieux : le lobby que nous
avons cité nous a expliqué que la décision d'aptitude
par le médecin du travail est inacceptable car contraire à
la liberté individuelle de chacun . C'était donc absolument
affreux...
Mais en cours de débat ce lobby s'est aperçu que l'inaptitude
et le pouvoir pour le médecin du travail d'interrompre le contrat
de travail dans l'intérêt du salarié pour des questions
de santé présentaient un certain intérêt ce
qui pour nous est tout à fait évident.
Ce lobby s'est donc alors orienté sur la suppression de l'aptitude
mais le maintien de l'inaptitude !
Nous trouvons au SGMT que ce positionnement est totalement ridicule; en
termes de droit pur, cela ne change absolument rien car si nous ne déclarions
pas un sujet inapte les tribunaux s'empressaient de nous dire que nous
l'avons déclaré apte....
A ce sujet si certaines sommités en particulier de nos professeurs
de médecine du travail se gratoillent beaucoup le cervelet quant
à la pertinence de l'aptitude, Messieurs les juges e posent beaucoup
moins de questions.
Tous les contentieux l'ont très largement prouvé et le système
judiciaire a lui parfaitement compris que le système d'aptitude
était protecteur pour le salarié : il doit éviter
l'altération de la santé du fait du travail.
Pour terminer sur cet aspect, supprimer l'aptitude signifierait en fait
, et on s'excuse pour le terme un peu trivial : lâcher
la proie pour saisir l'ombre.
En effet le médecin du travail a le pouvoir de proposer un certain
nombre d'aménagements de poste. Rappelons que le ministère
dans un arrêté du 13 décembre 1990 nous a permis de
formuler des aptitudes avec restrictions ou avec aménagements de
poste et que l'employeur au titre de l'article L 240-10 est tenu de prendre
en considération les propositions de son médecin du travail.
Les puristes du droit nous dirons certes que s'il n'y a pas une aptitude
totale il s'agit en droit strict d'une inaptitude, ce qui est tout à
fait exact. Nous croyons cependant au SGMT à la prégnance
et au professionnalisme des médecins du travail pour obtenir de
manière réaliste auprès de l'employeur ces aménagements.
Reste bien
sûr le problème délicat des CMR (cancérigène/mutagène/reprotoxiques).
Nous avions été très précis su ce sujet et
en avions largement informé la commission de médecine du
travail précédemment citée.
De notre point de vue la fiche d'aptitude ne peut être formulée
qu'après étude soigneuse du poste.
Cela revient donc explicitement à dire que le médecin du
travail se rendra sur place et qu'il conseillera l'ensemble des protections
à savoir, dans l'ordre :
- La recherche de la substitution
- Le vase clos si possible
- Le système de protection collective adéquat
- Le système de protection individuelle en complément
Par ailleurs le salarié sera très clairement informé
des risques.
Cela veut dire que le salarié est apte dans les conditions définies
du code du travail, qu'il n'a pas de contre-indications et peut mettre
en oeuvre les moyens de protection.
*****En fait, compte tenu de l'information fournie et du consentement
éclairé du salarié, cette décision d'aptitude
est en réalité une décision du salarié! La
traduction de cette fiche d'aptitude étant l'installation d'une
surveillance par le médecin du travail tenant compte de cette exposition
au risque déterminé!
@@@
De notre point de vue le médecin du travail se doit d'être
très professionnel et de s'assurer que la protection optimale est
atteinte. Si c'est le cas il formulera "apte au poste surveillance
médicale spéciale assurée"
Nous avions à l'époque proposé l'exemple suivant
: en cas de produit volatile "apte avec aspiration à 0,5m/s
au point d'émission du produit".
Dans les cas les plus délétères nous proposions "aptitude
non déterminable, l'aptitude au poste sera déterminée
lorsque la protection appropriée sera mise à sa disposition".
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